Bonus


Quelques anecdotes à propos de l'Exposition du Progrès Social de Lille et Roubaix en 1939 




A l’aube de la deuxième guerre mondiale, une troisième édition du Concours International de l’Accordéon eut lieu à Roubaix, du 27 au 29 mai 1939 dans le cadre des festivités de l’Exposition du Progrès Social. 


Une nouvelle invention y fut présentée : la télévision. C'était le 14 juillet 1939 que fut dévoilée pour la deuxième fois cette nouveauté. La première fois ce fut du 4 au 9 avril 1936 dans le cadre de la Foire de Lille.

Robert Mallet-Stevens

Le célèbre architecte Robert Mallet-Stevens, qui avait construit à Croix la Villa Cavrois (voir le site) entre 1929 et 1932, construisit deux pavillons pour l'exposition du Progrès social de Lille en 1939 : Le Pavillon de la presse et celui de la publicité. Rob Mallet-Stevens était devenu le directeur de l'école des Beaux-Arts de Lille en 1939. Maurice Calka, Premier Grand Prix de Rome, professeur à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, réalisa le bas-relief de ce pavillon de la Presse. 



En tant que directeur de l'école des Beaux-Arts de Lille il participe à l'élaboration de l'Exposition du Progrès social, comme le relate cet article de presse paru, dans L'Egalité de Roubaix-Tourcoing, le 21 décembre 1938.


Un autre article paru dans le même journal, L'Egalité de Roubaix-Tourcoing le 21 janvier 1939, nous apprends qu'il participe à la création à Lille d'un Comité Régional de l'Association Franco-Britanique " Art et Tourisme " 


Le carillon de l'Exposition

Plus étonnant le carillon de cette exposition est maintenant à Mirbel dans l'Ain au beffroi du Mas Rillier. Ce carillon manuel de 50 cloches pesant 7 tonnes 800 kg est classé Monument Historique depuis le 21 décembre 1992. Etonnant site que ce Beffroi conçu par l'achitecte Mortamet avant la dernière guerre mais qui fut réalisé seulement en 1947. C'est un prêtre au charisme exceptionnel qui fut l'initiateur d'une Confrérie de Notre Dame du Sacré Cœur en 1932. L'abbé Thomas, car c'est de lui qu'il s'agit, fera l'acquisition du carillon de 45 cloches présenté par la fonderie Paccard à l'Exposition du Progrès Social à Lille. Ce carillon faillit partir chez le fabricant de chocolat Pupier, où le carillonneur Louis Chavand aurait donné des auditions lors des visites de cette usine ! En fait, l'Abbé Thomas fut l'acquéreur et demanda que 5 autres cloches soient ajoutées, portant ainsi le carillon à 50 cloches. La plus grosse recevra des inscriptions destinées à honorer le Maréchal Pétain, en mémoire des combattants des guerres de 1914/1918 et 1939/1940. Ces inscriptions furent effacées en 1945. Figurait également " Maréchal Pétain " et " Je sonne pour le Sauveur de la France ". Tessiture : Do 3 à Do 7 (transpositeur : le Do 3 est en fait un sol à la pédale). A la mort de l'abbé Thomas, le 9 septembre 1952, l'ensemble des lieux fut cédé au Diocèse qui en fit don à la commune de Miribel vers 1980. Les premiers carillonneurs furent Louis Chavand (1947-1952), Gaston Billet (1952-1954), André Combe (1953-1986), Jean-Bernard Lemoine (1986-2005). Depuis cette date, il n'y a malheureusement plus de titulaire de cet instrument. Une restauration fut faite en 1994 par le facteur André Voegelé de Strasbourg sous le contrôle du technicien conseil des Monuments Historiques, Eric Brottier. L'inauguration de ce remarquable instrument de musique eut lieu le 20 juillet 1947.

Médaille de l'Exposition du Progrès Social Lille Roubaix 1939 " Notre Dame des Arts "

François-Jacques Laussus Alleman, dit Jacques Alleman, né le 12 septembre 1882 à Bordeaux, mort le 30 octobre 1945 à Nœux-les-Mines, est un architecte français. Marqué d'abord par le régionalisme, il s'est affirmé comme un architecte Art déco, avec un goût prononcé pour un symbolisme probablement lié à son appartenance à la franc-maçonnerie. Auteur de la reconstruction de Béthune, il est aussi l'architecte des monuments commémoratifs de la Grande Guerre à Lille, comme le monument aux morts adossé aux restes du Palais Rihour (Place Rihour), dit " Melancolia ", sculpté par Edgar Boutry. Il a aussi construit l'Institut Diderot de 1934 à 1938 (aujourd'hui lycée Baggio), boulevard des Défenseurs, juste avant sa dernière œuvre connue qui est l'église Notre Dame des Arts, bâtiment éphémère construit pour l'exposition du Progrès Social.


En mai 1939 La Laiterie Reneau enregistrait une première conservation de ses produits. A l'exposition du Progrès Social à Lille, un premier prix était décerné à M. Reneau et il recevait une médaille d'or avec félicitation du jury. La réputation de fraîcheur de sa marchandise donna alors l'idée à M. Reneau de compléter sa marque de fabrique. Au moulin flamand furent accolés le petit bonhomme ainsi que les mots " Tout Frais ". La nouvelle devise de la maison rappelait ainsi la raison de son succès.


Les cartes postales de l'Exposition

Elles ont été éditées par H. Chipault, concessionnaire à Boulogne-sur-Seine. Elles portent au recto le logo CH de cette maison et au verso le logo de la société SAP 12 rue Henner à Paris. 
La série (actuellement connue au 24 décembre 2011) des cartes postales de l'Exposition est numérotée de 1 à 85. 
Il s'agit de cartes photographiques en noir et blanc qui  sont soit à bord dentelé, soit à bord droit, soit avec une trace de perforation à gauche quand elles ont été extraites d'un carnet.

On a également retrouvé 4 albums de 10 cartes détachables (numérotés de 1 à 4). Les carnets sont composés dans l'ordre des cartes suivantes :
- Le carnet n°1 : 30, 31, 48, 32, 29, 37, 59, 36, 58 et 28
- Le carnet n°2 : 22, 21, 34, 25, 2, 24, 23, 53, 42 et 56.
- Le carnet n°3 : 57, 44, 39, 43, 10, 54, 40, 46, 35 et 45.
- Le carnet n°4 : 60, 26, 33, 17, 49, 27, 47, 50, 11 et 12.


Gaston Criel

Ce poète, romancier, essayiste français, né en 1913 fut le secrétaire à la section de littérature contemporaine de l’exposition du Progrès Social en 1939. Il fonda la même année le cercle « Pour la poésie ». Il sera fait prisonnier de 1940 à 1946, mais poursuivra ses activités littéraires et culturelles et fréquentera les cafés de Saint-Germain des Près.
Eluard le présentera à Jean Paulhan qui le recommandera à André Gide dont il deviendra le secrétaire. Il fera partie de la grande vague des existentialistes et des autres : Tzara, Bryen, Zadkine...
Par la suite il collaborera à de nombreuses revues européennes et deviendra attaché culturel à Radio-Tunis.

A l’indépendance de la Tunisie, il rentrera en France. Il deviendra par la suite secrétaire de rédaction à la revue Les vivants, metteur en page, journaliste à Carrefour et au Parisien Libéré, publicitaire, mais aussi vendeur en textile, marchand de caravanes, vendeur de disques, employé de bureau, laveur de carreaux, portier de boîte de nuit, barman tout en menant en parallèle une carrière d’écrivain. Il décèdera en 1990.